Je rentre à l'instant du supermarché. C'était moins désagréable que d'habitude parce qu'il n'y avait pas grand monde. Vu que, pour une fois, il fait soleil, tout le monde a dû se ruer à la plage... Tant mieux pour moi.
J'étais donc au supermarché, disais-je. La belle affaire, me direz-vous! Servez vous un godet et installez-vous tranquillement que je vous raconte un peu la petite anecdote du jour, au lieu de piaffer comme un parisien à un feu rouge.
Pschitt!, j'étais tranquillou Pschitt! en train de me choisir Pschitt! Pschitt! des brosses à dents quand Pschitt! je réalise qu'à 5 mètres de moi, un type pschittait gaillardement dans mon dos... Dans le rayon, il n'y avait que moi, accompagné d'Angélique, et le type en question. Pschitt! Pschitt! le type se pschittait du parfum à dose létale dans le cou, un coup à gauche, un coup à droite, et inversement. Quand j'ai tourné la tête attiré par le bruit, je réalisais alors qu'un tocard se vaporisait gratos et qu'il n'y allait pas avec le dos de la cuiller.
Pschitt! Pschitt! le gars continue son manège...
Je continuais à mater le gus. Pschitt! Pschitt! Sans déconner, le barjo à dû s'envoyer facilement une bonne cinquantaine de rafales... De quoi démoustiquer la Camargue. Et moi, je n'arrivais pas à détacher mon regard du type, planté là que j'étais avec ma brosse à dent à la main, au beau milieu de l'allée.
Et là, d'un coup, j'ai senti. Un nuage incolore s'était subrepticement glissé jusqu'à mes narines. Saisi, que j'étais! J'ai dû battre en retraite pour ne pas avoir la nausée. C'est toujours délicat de vomir en plein supermarché. Rien que d'y penser, j'ai encore l'odeur dans la bouche. Poua!

Et le barjo continuait son cirque... Pschitt! Pschitt! Pschitt! Il devait en être à 70 pulsations, le nez en l'air pour bien dégager le cou, afin que le maximum de peau puisse capter la sainte liqueur.
Total, le type à reposé le flacon (ou ce qu'il en restait) et s'en vint, l'air bien satisfait, son petit carton sous le bras, environné d'un nuage d'une densité à alerter Jack Bauer, laissant surement une colonie de moustiques sur le carreau...

Attends!!! C'est pas fini!
Je termine mes courses et me dirige vers les caisses. Là : problème. Etant donné le peu de monde présent dans le supermarché,
il n'y a que trois caisses ouvertes. Là se joue un grand moment de stratégie. Caisse de droite : trop de monde ; la caisse de gauche est la moins encombrée : Merde! C'est vers cette caisse que se dirige Pschitt-pschitt!!! Etant d'un tempérament râleur, je profite de l'aubaine pour marmonner le tas de jurons approprié et reste dans la file au milieu, non sans jeter moult regards haineux en direction de mon prochain.
C'est à ce moment que je ricane (héhéhé!). L'atmosphère alentour se sature brusquement d'une odeur insupportable. Les narines alentours se mettent à froncer et les yeux se mettent vainement à la recherche du coupable. Pschitt-pschitt!, quant-à lui, passait guillerettement à sa caisse, l'air de rien. Ou plutôt non, l'air très satisfait. Si j'étais psychologue de comptoir, je dirai même qu'il a l'air d'avoir le coeur léger, comme quelqu'un qui vient enfin de se soulager alors qu'il est taraudé par une irrépressible envie d'uriner depuis 2 plombes. Le plus incroyable, c'est que la caissière qui a le nez à 50cm du coupable n'a même pas l'air de capter quoi que ce soit...
"Sylvie?, va regarder, je crois k'ya un bidon ka crevé!", lance ma caissière à une de ses collègues qui passait par là. "Non, c'est sûrement du parfum ka tombé!", réplique la collègue qui avait visiblement du nez. Et la voilou qui se met à la recherche du flacon brisé... Héhéhé!
Pschitt-pschitt! sort de son carton un seul article : un flacon de bain douche... Il vole le poison mais paye l'antidote...
Au final, ce type est sans doute tout simplement cinglé, sujet à d'irrépressibles impulsions "vitales". Nac vous diras que quand on travaille dans un commerce, où l'on voit défiler un échantillon assez important de la population locale de nos congénères, on observe quantité de gens hallucinants ( insultants, grossiers, maniaques, méprisants, radins, obsédés, violents avec leurs enfants, et autres pervers en tous genres... ).

Voilà qui va me guérir de mon aversion pour l'espèce humaine...