Et ben figurez-vous que la question ne s'est même pas posée...
L'administration française est pleine de surprise, comme un couloir interminable et tortueux où on ne sait jamais ce qui se cache derrière chaque portes.
8h45, Monsieur Koonif se présente donc un peu anxieux à son rendez-vous.
- "Bonjour. Vous avez une pièce d'identité et votre carte vitale?", demande le légume d'accueil, une femme trentenaire tout habillée en jean-neige comme l'était le groupe "Partenaire Particulier", qui marqua son époque dans les années 80.
- "Voici", réponds-je en lui donnant ma carte vitale et... mon permis de conduire.
- "Vous n'avez pas de carte d'identité ou un passeport?"
C'est à ce moment que mon coeur fait une petite embardée. Il est très sensible, savez-vous. C'est un très bon thermomètre : il pressent les petits signent imperceptibles qui me signalent quand une situation prend une tournure inattendue, un peu comme quand, au volant de votre voiture, vous apercevez un panneau "Attention virage dangereux".
- "Heu... non. Ma carte d'identité est périmée et mon passeport est à la maison. Mais mon permis de conduire est valide", lui dis-je la mâchoire serrée.
- "Ca ne suffira pas. Je vais vous délivrer un avis de passage. Vous reviendrez avec votre passeport".
Je sais à ce moment que la situation m'échappe et que la partie est déjà jouée.
- "Attendez qu'on vous appelle."
Quelques minutes plus tard, dans le bureau d'une autre femme, à l'air beaucoup plus avenant que l'autre courges à qui ont aurait greffé les valoches de Paul Préboit sous les yeux.
Inéluctablement, la dame en question me ressert le même discours que sa collègue.
Dans une poussée de chaleur incontrôlable, je lui pose la question fatidique :
- "Quand pourrais-je revenir vous apporter mon passeport?"
- "Voyons voir, dit-elle en parcourant son planning sur l'écran, le 1er octobre, ça vous va?"
Je rapetisse et pousse d'une voix plaintive :
- "Avant, c'est pas possible?"
- "Non, désolé!"
La messe est dite...
Je reste un moment à faire chauffer ce qu'il me reste comme cervelle pour trouver LA parade, l'ultime argument qui ferait dévier le rouleau compresseur qui m'a déjà avalé la jambe.
Dans un dernier souffle, je lance la dernière cartouche, avant, éventuellement, de me jeter à ses pieds et de vendre mon corps :
- "Bon... Voilà... Heu... Je prends l'avion mercredi prochain pour la Nouvelle-Zélande. Je vais là-bas chercher du travail et j'ai besoin des assédics pendant 2 ou 3 mois..."
Silence.
L'autre me regarde sans comprendre. Je lui aurait dit que je partait chasser l'opposum dans le rectum de son chef de service qu'elle ne m'aurait pas regardé autrement.
- "Ha, mais c'est pas possible, ça! Mais enfin..."
Visiblement, ça lui la coupe. Sa dernière phrase m'a fait voir rouge. J'avais tout d'un coup envie de l'étrangler et de l'étouffer avec mon p... de permis de conduire. Quelle n'aurait pas été ma joie, alors, voyant ses yeux exorbitants paniquer, pendant que ses jambes auraient été agitées de soubresauts désespérés, avant de reposer mollement et délicatement par terre. Haaa!!!
Là, n'y comprenant encore rien, et ne sachant sans doute pas quoi me dire d'intelligent, elle me demande, les yeux hagards :
- "Mais qu'est-ce qui justifie votre départ?"
Dans un moment de colère rentrée et de lucidité face à l'inexorable situation, j'assène :
- " La fuite, Madame. Je fuis l'administration française..."
Elle me regardait, figée, pendant que je lui reprenais mes documents des mains. Pendant que je sortais sans un regard pour la pauvre bête :
- "bonne chance...", lance t-elle, plaintivement.
- "C'est ça, ouais."
En conclusion, si la secrétaire de mon boulot avait fait son travail à temps, comme je lui ai demandé plusieurs fois, cet épisode m'aurait été épargné.
Mais rassurez-vous, ça va le faire. Ca va être rock&Roll, mais ça va l'faire. J'aime le Rock&Roll! Dans un an, je vous fiche mon billet que j'en rigolerai!






bien fait pour toi! Faut pas frauder l'Etat!!!
Est ce que j'ai une tete a frauder notre nation?...
Gloire a toi Ô venerable Nicolas S.